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Le salon du siècle

  • Pegase VT Ruytershof/Jeroen de Winter vainqueurs Grand Match by Reverdy, 9 ans et plus
    Pegase VT Ruytershof/Jeroen de Winter vainqueurs Grand Match by Reverdy, 9 ans et plus
ÉNORME. Énorme ce salon du cru 2024, 19e du nom. Énorme succès populaire - plusieurs milliers de convaincus, éleveurs, propriétaitres, supporteurs. Énorme show - plus de 170 étalons. Énorme business - les étalonniers ont explosé les compteurs. Énorme organisation-timing parfait et absolument respecté. Énorme circulation dans les boxes. Énorme attrait pour cette filière qui sait se régénérer et montrer une vitrine à nulle autre pareille. Succès hexagonal, toute la France qui « pouline » était là ; succès planétaire, on y parlait toutes les langues.

Pourquoi cela ? Parce que les grands sires étaient là aux côtés des jeunes, ceux que les éleveurs veulent voir de près, parce que l’envie d’achat mijotait dans les têtes et que la proximité a enclenché le passage à l’acte, parce que aussi l’éleveur aime rencontrer et discuter avec l’étalonnier. Le désir de faire naître est toujours d’une intense actualité.

L’élevage vit plutôt bien au regard de ce qu’il nous a été possible d’observer ici. Son écosystème, mutant parfois, conjoncturellement perturbé, fonctionne bien.

Au regard aussi de « l’after » car, de nombreux étalonniers nous l’ont dit lors d’un rapide sondage, des contrats ont été vendus au téléphone dans la semaine à des éleveurs qui n’ont pas réussi à approcher le stand convoité…La convivialité est une règle d’or de ce salon.

Si les grandes maisons ont bien travaillé, les plus petites structures ont, elles aussi, fait valoir leurs arguments à partir d’un catalogue, contenu et contenant, bien choisi.

Fait-on encore confiance à la publicité sur papier, glacé ou pas ? Le salon 2024 aurait tendance à le laisser croire. C’est elle qui attire la curiosité et le catalogue bien léché est une marque de respect et de reconnaissance de l’étalonnier vis-à-vis de l’éleveur. Les graphistes ont du talent et les imprimeurs un vrai savoir-faire. On aurait tort de s’en priver. L’information passe aussi par ces codes-là.

De nouvelles enseignes ont fait leur apparition. Nous en citons quelques-unes par ailleurs. L’élevage de Riverland (Charente), fort connu, était là pour la première fois avec un espace. Démarche identique pour le haras de Castille (Vosges) associé à la branche étalons constituée par Grégory Rulquin, le patron de Cheval Liberté. La victoire de Kentucky du Biolay, seul fils de Cordial représenté, monté par Sofian Misraoui dans le Master 4 ans, leur a assuré un vif intérêt. L’occasion pour cette structure novatrice et unique dans le Grand-Est de montrer aussi Halifax du Barquet (Lauterbach-Baloubet) et Rotterdam de Muze (Cumano-Voltaire).

Ruée sur le Dollar (du Rouet). Yannick Fardin n’en revenait de l’engouement suscité par son étalon. Plus de 80 contrats ont été signés pour le fils de Chacco Blue que montait Gilles Botton comme huit jours plus tard à Gesves. Même intérêt pour ses voisins d’espace belges Wathelet-Botton Stallions et Erik Duran du haras des Roziers. Gros attroupements et files d’attente au GFE, à France Etalons, chez BLH, au haras de Semilly, au haras du Bois Margot où la descendance de Qlassic avec J’accuse et Hitchok a été remarquée, au haras du Géry, à Ibreed Agency où Mosito VH Hellehof et Kasanova de la Pomme ont été plébiscités, au haras de Gravelotte, atterré après la blessure fatale à Dallas, mais où Diego et Chavez ont fait le buzz, au stand du stud-book holsteiner et généralement à toutes les cellules qui surplombaient les gradins. Coup de chapeau au passage à la restauration Edouard Set.

Le Master a consacré Kentucky du Biolay (Cordial) pour le haras de Castille en 4 ans, Jacadi du Paradis (Clarimo)/Vincent Pacaud pour France Etalons en 5 ans et Itoki de Riverland*GFE (Candy de Nantuel)/F-X Boudant.

Hwen d’O Vezauziere (Landator)/Lison Rivière pour l’écurie les Lays remporte la palme poneys du Grand Match by Reverdy. Hoptum de l’Abbaye (Malito de Rêve)/Clément Fortin pour le haras de Semilly s’impose dans le match 7-8 ans et Pégase vt Ruytershof (Comme il Faut)/Joren de Winter pour France Etalons dans les 9 ans et plus.

Cérémonies et hommages ont ponctué ce marathon. Yann Adam, en ouverture, a salué la mémoire de notre confrère Marc Verrier disparu quelques jours plus tôt. Rexter d’or, Excalibur de la Tour Vidal ont eu leur moment privilégié ainsi que les naisseurs des chevaux qui ont hissé le SF en haut de l’affiche.

E. R.


Yann Adam

« Une activité commerciale soutenue »

Au soir du salon, Yann Adam, le directeur du pôle affichait sa satisfaction.

« J’en retiens une activité commerciale soutenue. On se rend compte que le salon donne le tempo de la saison. Il y a plusieurs signes qui faisaient douter sur l'activité économique, sur la vente de chevaux. Là on voit qu’il y a encore un engouement très fort pour faire saillir les juments. J'en veux pour preuve le nombre de tickets mis dans les urnes par les étalonniers quand il y avait un contrat de signé. On a explosé les compteurs avec plus de 700 cette fois-ci, ce qui signifie qu’il y a eu plus de 700 contrats signés parce que tous les étalonniers ne donnent pas leurs tickets. On est en augmentation d'au moins 20-25 % du nombre de contrats. Certains étalonniers ont demandé des photocopies de leur contrat de saillie parce que le dimanche matin ils n’en avaient plus. Alors, on peut penser que les éleveurs attendent le salon pour signer. C'est une tendance qui s'amplifie et ça c'est vraiment un signe très fort.

Côté fréquentation, on a noté une présence très forte le vendredi et moindre le dimanche après-midi. Le salon commence vraiment le vendredi, c'est une tendance qui se confirme. Quand on regarde le remplissage des parkings, j’ai l’impression qu’il y a plus de monde au Salon qu'au CSI 4* maintenant. Non seulement le manège était plein mais il y avait aussi beaucoup de monde aux boxes. C’est un élément extrêmement significatif de l’intérêt des éleveurs pour les étalons. Ils ne se contentent pas de les voir en piste, ils vont les regarder de près aux boxes et se renseigner.  Ce qui veut dire qu’on cible vraiment l'attente des gens. 

C’est un Salon professionnel. Saint-Lô est un site dédié aux professionnels et je pense qu'on est tout à fait dans la bonne mesure et dans notre rôle de facilitateur de business, tout en respectant les uns et les autres, les petites structures comme les plus importantes. »

 

2025, l’année du 20e anniversaire

« Le dernier point que je veux souligner, c’est que l'année prochaine c'est le 20e anniversaire du Salon. Cette perspective du 20e va nous amener à essayer de densifier, d’apporter plus, de continuer la logique et le développement du Salon.  J’aimerais bien qu’on arrive à faire venir des grands Sires comme nous l’avons fait dans le passé avec les Baloubet, Diamant, Kannan, Emerald. Les éleveurs ont envie de les voir ».

07/03/2024

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